Changer, vous avez dit ?

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Changer, vous avez dit ?  Mais de quel changement s’agit-il ?  Mettons une chose au clair : le changement est un processus continu, tout change qu’on le veuille ou non.  La très grande majorité des citoyens du Québec aspirerait à du changement, sur le plan politique, il va sans dire.  Qui pourrait les en blâmer ?

Les quatre dernières années de régime libéral sont venues ajouter des couches successives de désabusement et de cynisme à l’endroit de la classe politique en général.  Le mal est fait et bien fait.  Pourtant, la politique est essentielle.  Elle conditionne notre vie de tous les jours, que l’on en soit conscient ou pas.  Il faudra bien se résoudre à voter pour choisir ceux et celles qui gouverneront le Québec pour les prochaines quatre années.

Mais, est-il nécessaire de le rappeler : un parti politique ce n’est pas une marque de savon.  Quand un parti est appelé à former un gouvernement, on ne peut pas en changer aisément quand il ne fait plus notre affaire ; on est pris avec.  Et l’effet des décisions, des politiques et des lois qu’aura mis en place ce gouvernement, ce fera sentir bien au-delà de son passage au pouvoir.

Un petit exemple ?  Combien de temps et d’efforts faudra-t-il à un nouveau gouvernement pour réparer le massacre du système de santé et de services sociaux qu’à perpétrer le tandem Barrette-Couillard ?  Bien malin qui pourrait répondre à cela.  Une chose est certaine, toutes celles et ceux, infirmières, préposées, travailleuses sociales, qui ont quitté le système de santé, désabusées, épuisées ou écœurées, ne risquent pas d’y revenir.  C’est ce que l’on pourrait appeler une situation perdant-perdant.  Elles, y auront perdu un gagne-pain, une carrière, une santé peut-être.  Nous, on y aura perdu des professionnelles engagées.  Probablement pour toujours.

Choisir un gouvernement ne doit pas se transformer en opération «kamikaze», où on coche la case en se disant : essayons ceux-là, ils ne pourront pas faire pire.  Et bien justement, ils pourraient faire pire.  Parlez-en aux citoyens américains par les temps qui courent.

Ce n’est pas tant le changement qui est important, que ceux que la population va choisir pour accompagner le changement en cours et les changements essentiels que nous devrons absolument faire comme société :  les changements nécessaires et urgents pour lutter contre les inégalités sociales, la crise climatique et la dégradation de notre environnement.  Avons-nous quatre autres années à perdre ?

Dans le roman «Le guépard», chef-d’œuvre de la littérature italienne, écrit par Guiseppe Tomasi di Lampedusa, un des protagonistes a cette réflexion extraordinaire :

«Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change.»

N’est-ce pas ce qui nous attendrait avec la CAQ ? Un changement qui ne serait rien d’autre que l’affreuse continuité du démantèlement de l’État québécois ?  Pour moi, il n’y a aucun doute , tous les indicateurs vont dans ce sens.  Comment penser autrement, quand les principaux porte-paroles de ce parti reconnaissent ne pas croire au bien commun, ou n’accorder aucune crédibilité aux études scientifiques ?  Et que dire lorsque le chef de la CAQ lui-même, parle de clients, lorsqu’il se réfère aux enfants qui fréquentent un service de garde.

Et vous pensiez que vous étiez des citoyens ?  Que diriez-vous, dorénavant d’être des clients ?

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Vivre ensemble : la solution québécoise

C’est ce qui nous a toujours caractérisé : cette capacité d’aborder les problèmes sans a priori, avec lucidité, mais aussi avec un sens aigu de la justice.  Comme peuple, nous sommes le produit d’un extraordinaire métissage : nous sommes Europe, nous sommes Amérique, à la fois républicains dans l’esprit et profondément épris de liberté.

Face à l’épineuse question de la langue, nous avons avec la Charte de la langue française, forgé une solution, résolue, mais aussi respectueuse de la minorité historique anglophone.  A l’époque, le Canada anglais aura traité René Lévesque et Camille Laurin des épithètes les plus négatifs.  Pourtant, l’objectif de rendre justice aux francophones du Québec et de pacifier un des sujets les plus explosifs qui ait été, a été atteint dans une très large mesure.

En matière de laïcité, il en sera de même: la solution sera québécoise ou elle ne sera pas.  Cette solution, elle est là, à porter de main, il s’agit de confirmer la plus parfaite neutralité pour les agents de l’État en position d’autorité, et de l’étendre aux nouvelles embauches d’enseignants au primaire et secondaire et de travailleurs en garderie.  Il s’agit aussi de baliser le recours aux accommodements raisonnables  pour contrer les dérives de ceux qui voudraient faire passer des choix culturels et politiques pour des questions religieuses.  Pour une majorité de Québécois, il n’est pas question de laisser la religion, sous quelque forme que ce soit, retrouver l’immense pouvoir qu’elle a déjà eu sur la vie publique.  A ce chapitre, nous avons déjà donné.

Le problème de la laïcité, ce n’est pas la quadrature du cercle, il y a une voie de sortie.  Tout ce qui manque c’est le courage politique de la mettre en œuvre.