Santé mentale, l’enfant pauvre du réseau

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Encore une fois cette année, l’initiative #Bellcause nous rappelle l’importance de parler sans détour de la réalité des troubles mentaux qui affectent plusieurs de nos concitoyens. Nous savons qu’un Québécois sur cinq sera touché de près ou de loin par la maladie mentale.  Il appert que 10 à 15 % des gens souffriront d’une forme ou l’autre de dépression au cours de leur vie.

Impacts des troubles mentaux   

Les impact des troubles mentaux sur les personnes, leur famille et la société en général ne sont plus à démontrer.  La dépression est identifiée comme l’un des principaux facteurs lié à la maltraitance des enfants, maltraitance qui ne cesse d’augmenter si l’on se fie à la progression des signalements un peu partout au Québec.  Et, c’est sans compter sur l’influence du stress et des troubles mentaux sur le développement de maladies telles que les maladies infectieuses, cardiovasculaires et le cancer colorectal, pour ne nommer que ceux-là.

On parle moins souvent des impacts des troubles mentaux sur le travail.  Pourtant, les pertes liées à la maladie mentale sont colossales.  Les chiffres parlent de 16 milliards de dollars pour l’économie canadienne, auxquels il faut ajouter 14 milliards si on considère les coûts indirects.

Les troubles du jeu vidéo

L’impact des nouvelles technologies n’est pas en reste.  L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnait maintenant la triste réalité des troubles du jeu vidéo.  On parle ici des «comportements liés à la problématique des jeux vidéo et des jeux numériques qui se caractérisent par une perte de contrôle sur le jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes».  J’invite d’ailleurs tous ceux qui sont préoccupés par la santé mentale des jeunes, de voir ou de revoir le percutant documentaire Bye! d’Alexandre Taillefer, lequel aborde sans complaisance la problématique de la cyberdépendance et son potentiel destructeur.

Faire plus

Il est clair que nous devons et pouvons faire plus.  Par exemple, en redoublant d’effort pour éduquer le public.  Nous savons que seulement 30% des personnes atteintes de dépression vont chercher de l’aide, souvent par peur d’être stigmatiser ou tout simplement parce qu’ils ne savent pas reconnaître les symptômes.  Pourtant la maladie peut être traitée efficacement et le dépistage et le traitement précoces sont susceptibles d’empêcher la maladie de devenir chronique.

Il faut mieux soutenir les personnes atteintes et leur famille dans le développement de leur autonomie, en leur permettant de s’organiser, de s’entraider et de mieux défendre leurs droits.  Ils sont de loin les mieux placer pour identifier leurs besoins et les meilleures façons d’y répondre.

Aussi, plus que jamais, les services doivent se déployer sur une base communautaire, à proximité des personnes, notamment en offrant un meilleur accès aux professionnels de la santé mentale.

Finalement, le gouvernement devrait consentir davantage de ressources à la prévention et aux traitements des troubles mentaux.  C’est toute la société qui s’en sortira gagnante.

Vous souhaiteriez partager vos expériences ou vos pistes de solutions sur cet important sujet ?  N’hésitez pas à m’écrire!