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lA RÉSURGENCE

Résurgence : du latin surgere,  se lever.

Le fait est qu’aujourd’hui les indépendantistes québécois se retrouvent devant un mur de questions qui ne trouveront pas de réponses faciles.

Plusieurs ont déjà la prétention d’avoir analysé les tenants et aboutissants de la désolante raclée électorale subie le 1er octobre dernier.  Je crois que nous aurions tous intérêt à retenir nos chevaux et à prendre le temps de bien réfléchir.

Il faut élargir la vision.  Partout en occident, France, Allemagne, Royaume-Uni, les partis sociaux-démocrates ont vu leurs appuis fondre comme neige au soleil, au profit de partis plus à droite ou à gauche.  Le Parti Québécois qui avait retrouvé ses repères à cet égard, n’a pas fait exception.  Est-ce à dire que la social-démocratie n’a plus d’avenir ?  Comment expliquer cette nouvelle tentation pour des positions politiques plus tranchées, voire même radicales ?  Serions-nous aller au bout de la logique de redistribution de la richesse, tout en maintenant le modèle économique actuel, lequel est aujourd’hui tenu pour responsable du saccage de la planète ?

Et  que faire de l’aspiration des peuples à l’indépendance ?  Quelles leçons faudrait-il retenir du référendum écossais perdu, du désastre catalan, des Kanaks qui disent non à leur indépendance, du Québec qui ne cesse de se provincialiser depuis 1995 ?

Et que penser de ce sentiment bien réel que tout s’étiole ou semble nous échapper ? Que l’esprit démocratique semble en régression ?  Que l’autoritarisme sous toutes ses formes effraie de moins en moins, même que certains le réclament pour supposément arrêter de tourner en rond et de voir les gouvernements qui se succèdent fassent, défassent ou refassent ce que les uns et les autres ont fait ?

Et pendant ce temps-là les positions se polarisent.  On ne se risque plus à parler de politique, trop sale, trop conflictuelle et où l’outrance tient souvent lieu d’argument.

Beaucoup de questions…

Pour moi, il ne fait aucun doute : le mouvement indépendantiste va resurgir.  Nous allons nous lever à nouveau.  Mais en attendant, il faudra faire bien attention de ne pas nous diviser davantage.