La Terre vue du cœur : éloge et appel à l’action

La Terre vue du cœur de la réalisatrice Iolande Cadrin-Rossignol est un documentaire poignant.  En ce sens, il porte bien son titre car son propos va droit au cœur.

Pour ceux qui suivent ou qui s’impliquent déjà dans les questions environnementales et la lutte aux changements climatiques, ceux-là ne recevront pas de nouvelles révélations coup-de-poing.  La force du film est moins dans ses enseignements que dans la manière avec laquelle il aborde ces questions si sensibles.  La Terre vue du cœur n’est ni alarmiste, ni moralisateur.  Il est trop facile, lorsqu’il est question de la cause de la sauvegarde de la planète, de se faire apôtre de l’apocalypse et de pointer du doigt, tantôt les uns, tantôt les autres.  Ce que nous avons besoin, ce n’est pas d’être paralysé par la peur ou la culpabilité, deux émotions rarement productives.

Au contraire, le film se veut avant tout un éloge à la suprême beauté de notre planète et un appel à l’action.  Tous les protagonistes du film abordent la question et les solutions avec intelligence certes, mais surtout avec sensibilité.  Les Québécois seront tout particulièrement heureux d’entendre, à travers les propos d’un philosophe français, Frédéric Lenoir et de scientifiques américains ou d’ailleurs, ceux d’Hubert Reeves, de Mario Cyr (plongeur sous-marin) et d’autres de nos compatriotes, qui chacun à leur façon portent le message d’espoir du film.

Ce document arrive à point nommé, à l’aube que nous sommes d’une campagne électorale qui s’annonce déterminante à plus d’un égard.  Avec sa sagesse habituelle, Hubert Reeves nous rappellera que nous sommes entrés de plein pied dans ce qui est la sixième extinction de masse des espèces.  Celle-là a de particulier qu’elle est essentiellement œuvre de l’espèce humaine et qu’elle se déroule à une vitesse telle que la nature, qui par définition a besoin de temps pour s’adapter, est littéralement incapable de le faire efficacement.

Face à ce colossal défi, nous avons devant nous une toute petite fenêtre de temps pour agir.  Reeves l’évalue de trente à cinquante ans, un battement de cils à l’échelle du temps de la terre.  Nul ne sait, dira t-il, dans quel état sera la terre à cette échéance.  Seules les actions que nous entreprendrons à compter de maintenant peuvent faire une différence.

La Terre vue du cœur est une contribution essentielle à l’éveil des consciences.  Nous sommes amenés à comprendre toute l’importance d’éduquer la population sur ces enjeux critiques.  Mais, il est aussi clair que nous ne pourrons faire l’économie de politiques et de lois qui vont jouer un rôle tout aussi essentiel dans la modification de nos comportements.  Et c’est là, que les hommes et femmes politiques devront jouer le rôle qui est le leur, avec un courage qui a trop souvent fait défaut dans le passé récent.  A cet égard, les citoyens devraient prendre le temps de s’intéresser aux programmes des partis politiques avant de mettre leur croix sur le bulletin de vote, le 1ier octobre prochain.

Une des protagoniste du film résumera la feuille de route à suivre de la manière suivante : il nous faut d’abord porter attention à ce qui se passe autour de nous, il faut ensuite développer l’intention d’agir et enfin, il nous faut passer à l’action.

Rien, ni personne ne pourra nous en empêcher si nous nous y mettons ensemble.