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Pourquoi la CAQ est populaire ?

Bien qu’il faille prendre avec un énorme grain de sel les intentions de vote exprimées à cette étape-ci de la pré-campagne électorale, il n’en est pas moins surprenant de constater que les appuis à la CAQ semblent se maintenir.

Il y a pourtant une explication simple : la CAQ est populaire parce qu’elle ne propose strictement RIEN.  Je devrais plutôt écrire : rien qui ne soit autre chose que le maintien d’un statu quo mollasson, une poursuite en douce de la privatisation des services publics amorcée sous les libéraux et quelques mesures cosmétiques ou carrément inutiles.

En anglais, ils ont une expression très imagée pour exprimer cette absence de volonté de transformer les choses : «Don’t rock the boat!».  Surtout, ne pas faire de vagues, ne pas indisposer.

Surtout, ne rien brusquer et éviter à tout prix de mettre sur la table les véritables enjeux de fond.  De toute façon, les caquistes n’auraient rien à en dire.  Il n’ont strictement rien à dire sur la question nationale, pourtant si cruciale pour le peuple québécois.  Sur ce sujet, ils s’en tiendront à réclamer des accommodements administratifs, des ajustements à la marge.  C’est là où en est rendu le projet de la nation québécoise pour le démissionnaire de la question nationale, François Legault.

Sur l’incontournable, l’implacable question des changements climatiques et de la dégradation environnementale, toujours rien à dire, surtout pas.  Car la question nécessite que nous ayons des débats intenses à son sujet.  Elle réclamera des politiciens un courage politique à toute épreuve.  Mais n’oublions pas : «Don’t rock the boat».

Sur l’indécente question des inégalités sociales qui s’accroissent en galopant, alors là, surtout, pas un mot.  Car nos proches amis, ceux-là mêmes qui siphonnent l’essentiel des gains en productivité réalisés par les travailleurs et qui en profitent pour en planquer un maximum dans les paradis fiscaux risquent d’être effarouchés.  Contentons-nous d’annoncer des baisses d’impôt supplémentaires qui vont fragiliser davantage les services publics et qui vont rassurer nos amis proches en les enrichissant davantage.  Dans ce cas ce serait davantage : «Don’t rock the 3 million dollars yacht».

Et ceci m’amène à une question troublante : est-ce possible qu’une population en vienne à voter à l’encontre de son intérêt en croyant voter pour ?

La Terre vue du cœur : éloge et appel à l’action

La Terre vue du cœur de la réalisatrice Iolande Cadrin-Rossignol est un documentaire poignant.  En ce sens, il porte bien son titre car son propos va droit au cœur.

Pour ceux qui suivent ou qui s’impliquent déjà dans les questions environnementales et la lutte aux changements climatiques, ceux-là ne recevront pas de nouvelles révélations coup-de-poing.  La force du film est moins dans ses enseignements que dans la manière avec laquelle il aborde ces questions si sensibles.  La Terre vue du cœur n’est ni alarmiste, ni moralisateur.  Il est trop facile, lorsqu’il est question de la cause de la sauvegarde de la planète, de se faire apôtre de l’apocalypse et de pointer du doigt, tantôt les uns, tantôt les autres.  Ce que nous avons besoin, ce n’est pas d’être paralysé par la peur ou la culpabilité, deux émotions rarement productives.

Au contraire, le film se veut avant tout un éloge à la suprême beauté de notre planète et un appel à l’action.  Tous les protagonistes du film abordent la question et les solutions avec intelligence certes, mais surtout avec sensibilité.  Les Québécois seront tout particulièrement heureux d’entendre, à travers les propos d’un philosophe français, Frédéric Lenoir et de scientifiques américains ou d’ailleurs, ceux d’Hubert Reeves, de Mario Cyr (plongeur sous-marin) et d’autres de nos compatriotes, qui chacun à leur façon portent le message d’espoir du film.

Ce document arrive à point nommé, à l’aube que nous sommes d’une campagne électorale qui s’annonce déterminante à plus d’un égard.  Avec sa sagesse habituelle, Hubert Reeves nous rappellera que nous sommes entrés de plein pied dans ce qui est la sixième extinction de masse des espèces.  Celle-là a de particulier qu’elle est essentiellement œuvre de l’espèce humaine et qu’elle se déroule à une vitesse telle que la nature, qui par définition a besoin de temps pour s’adapter, est littéralement incapable de le faire efficacement.

Face à ce colossal défi, nous avons devant nous une toute petite fenêtre de temps pour agir.  Reeves l’évalue de trente à cinquante ans, un battement de cils à l’échelle du temps de la terre.  Nul ne sait, dira t-il, dans quel état sera la terre à cette échéance.  Seules les actions que nous entreprendrons à compter de maintenant peuvent faire une différence.

La Terre vue du cœur est une contribution essentielle à l’éveil des consciences.  Nous sommes amenés à comprendre toute l’importance d’éduquer la population sur ces enjeux critiques.  Mais, il est aussi clair que nous ne pourrons faire l’économie de politiques et de lois qui vont jouer un rôle tout aussi essentiel dans la modification de nos comportements.  Et c’est là, que les hommes et femmes politiques devront jouer le rôle qui est le leur, avec un courage qui a trop souvent fait défaut dans le passé récent.  A cet égard, les citoyens devraient prendre le temps de s’intéresser aux programmes des partis politiques avant de mettre leur croix sur le bulletin de vote, le 1ier octobre prochain.

Une des protagoniste du film résumera la feuille de route à suivre de la manière suivante : il nous faut d’abord porter attention à ce qui se passe autour de nous, il faut ensuite développer l’intention d’agir et enfin, il nous faut passer à l’action.

Rien, ni personne ne pourra nous en empêcher si nous nous y mettons ensemble.

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Élever les consciences, s’organiser, se mobiliser

A un peu moins de six mois de l’élection générale, la scène politique québécoise apparait pourtant, ces jours-ci, en pleine ébullition.

L’arrivée fracassante de l’ancien chroniqueur de La Presse, Vincent Marissal, sera dorénavant à ranger, au rayon des entrées en politique les plus ratées de l’histoire récente. Aujourd’hui, nous apprenions, que le Québec aura vraisemblablement sa toute première candidate voilée de l’histoire. Et ce,  au moment même, où le débat reprend de plus belle, sur le port possible de parures religieuses dans la police de Montréal. Débat que la mairesse de Montréal et le Premier ministre du Québec, ont eu tôt fait de déléguer aux patrons du corps policier.  Courage politique, où étais-tu caché ?

Quelques jours seulement après le dépôt du budget Couillard-Leitao,  le feux d’artifices de “cadeaux ciblés” offerts par les libéraux, apparait déjà éteint.  Cela n’empêche pas cependant, le Premier ministre Couillard de multiplier, jour après jour, les annonces sur tous les fronts possibles.  Sur un mode qui s’apparente de plus en plus à “la panique à bord”, il fait tout pour éviter que les intentions de votes exprimées pour la CAQ, ne se cristallisent.

Pendant ce temps, on cherche François Legault.  Connaissant sa propension à se mettre les pieds dans les plats, ses propres collaborateurs le tiennent à l’abri.  Ils se limitent à nous le servir sur les réseaux sociaux, en capsules vidéos destinées à nous le rendre plus sympathique.  Pourvu, pensent-ils, que le fragile échafaudage de déclarations floues et de promesses de changement qui ressemblent à des retours en arrière, tienne le coup, au moins, jusqu’au 2 octobre prochain.

Alors que l’on s’entend pour déclarer le cynisme comme le plus coriace adversaire de l’action politique d’aujourd’hui, il semble que certains politiciens ne peuvent s’empêcher de l’alimenter de la pire façon qui soit.

En tant que candidat en devenir, je suis préoccupé par ce qui s’annonce pour être une pénible cacophonie.  Alors, comment faire pour se tenir à distance du cirque et faire de la politique pour le réel bénéfice des citoyens ?

Je suggère, qu’il nous faut d’abord commencer par reconnaître, que les changements véritables ne peuvent qu’émerger du bas, vers le haut et non, le contraire.  Il y a un terme pour exprimer ce mouvement des idées fortes, en provenance de la population, vers ceux qui aspirent à gouverner : c’est démocratie. 

Pour que la démocratie fonctionne, il faut travailler à élever les consciences, par la discussion, par le débat.  Il faut s’organiser en vue de l’action politique, car sans organisation qui vaille, les meilleures idées ne demeurent que ça : des idées.  Et finalement, il faut se mobiliser et surtout, persévérer pour faire entendre sa voix.  Cette manière de faire est, bien sûr, plus exigeante que de distribuer des bonbons électoraux, lesquels s’effaceront progressivement au lendemain de l’élection. Elle demande aussi plus d’humilité et d’écoute, que de promettre du pseudo-changement qui se traduira, en bout de ligne, par un pénible retour en arrière ou pire encore, par une illusoire fuite en avant, vers plus catastrophique encore.

La vraie démocratie est certes plus difficile à soutenir, mais c’est la seule façon de faire ce qui est juste pour tous.