Ça va faire mal

Lors de mon discours d’investiture en juin dernier, j’avais pris la peine de le mentionner.  Ce ne sont pas tant les paroles qui sont dites que les politiques qui s’y dissimulent qu’il faut considérer dans le choix d’un parti politique.  J’ajoutais que l’on ne vote pas comme si on choisissait une marque de savon : essayons celui-là puisqu’on ne la jamais fait !  Car quatre ans a subir de mauvaises politiques, ça peut être très long.  Qui plus est, l’effet de ces politiques peut se faire ressentir pour longtemps après le passage d’un mauvais gouvernement.

Je pensais évidemment, tout spécialement à la CAQ lorsque je prononçais ces paroles.  Le moins que l’on puisse dire c’est que la CAQ n’y va pas de main morte.  Nous savions très bien que ses considérations pour l’environnement seraient pour ainsi dire nulles.  Mais j’avoue que je m’attendait à ce qu’ils se retiennent un peu.

Au diable la retenue.  En quelques jours seulement, le gouvernement Legault a autorisé l’implantation, à Bécancour, d’une usine d’urée qui produira l’équivalent de 630 000 tonnes métriques de GES. Il a refusé de soumettre à une étude du BAPE le projet d’une mine de lithium près d’une source d’eau de grande qualité en Abitibi, laquelle alimente la ville d’Amos.  Mais ce n’est pas tout.  Il vient d’autoriser le passage des motoneiges, interdit depuis le début des années 2000, dans le Parc du Mont-Tremblant.  Et, il semble qu’il considérera avec beaucoup d’ouverture d’autres demandes d’autorisation dans d’autres parcs. 

Ah, oui! Et il y a le projet d’un gazoduc de 750 kilomètres, qui traversera le nord du Québec jusqu’à un port sur le Saguenay, lequel port augmentera considérablement le passage de navires dans les habitats d’espèces marines fragiles ou menacées.

Et voilà, le ton est donné et il n’y a aucune raison pour que ça cesse.  Dans quatre ans, Legault pourra se gausser, peut-être, que le PIB du Québec a progressé de quelques décimales.  Mais à quel prix!

Il n’y a pas à dire : ça va faire mal…



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lA RÉSURGENCE

Résurgence : du latin surgere,  se lever.

Le fait est qu’aujourd’hui les indépendantistes québécois se retrouvent devant un mur de questions qui ne trouveront pas de réponses faciles.

Plusieurs ont déjà la prétention d’avoir analysé les tenants et aboutissants de la désolante raclée électorale subie le 1er octobre dernier.  Je crois que nous aurions tous intérêt à retenir nos chevaux et à prendre le temps de bien réfléchir.

Il faut élargir la vision.  Partout en occident, France, Allemagne, Royaume-Uni, les partis sociaux-démocrates ont vu leurs appuis fondre comme neige au soleil, au profit de partis plus à droite ou à gauche.  Le Parti Québécois qui avait retrouvé ses repères à cet égard, n’a pas fait exception.  Est-ce à dire que la social-démocratie n’a plus d’avenir ?  Comment expliquer cette nouvelle tentation pour des positions politiques plus tranchées, voire même radicales ?  Serions-nous aller au bout de la logique de redistribution de la richesse, tout en maintenant le modèle économique actuel, lequel est aujourd’hui tenu pour responsable du saccage de la planète ?

Et  que faire de l’aspiration des peuples à l’indépendance ?  Quelles leçons faudrait-il retenir du référendum écossais perdu, du désastre catalan, des Kanaks qui disent non à leur indépendance, du Québec qui ne cesse de se provincialiser depuis 1995 ?

Et que penser de ce sentiment bien réel que tout s’étiole ou semble nous échapper ? Que l’esprit démocratique semble en régression ?  Que l’autoritarisme sous toutes ses formes effraie de moins en moins, même que certains le réclament pour supposément arrêter de tourner en rond et de voir les gouvernements qui se succèdent fassent, défassent ou refassent ce que les uns et les autres ont fait ?

Et pendant ce temps-là les positions se polarisent.  On ne se risque plus à parler de politique, trop sale, trop conflictuelle et où l’outrance tient souvent lieu d’argument.

Beaucoup de questions…

Pour moi, il ne fait aucun doute : le mouvement indépendantiste va resurgir.  Nous allons nous lever à nouveau.  Mais en attendant, il faudra faire bien attention de ne pas nous diviser davantage.

Changer, vous avez dit ?

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Changer, vous avez dit ?  Mais de quel changement s’agit-il ?  Mettons une chose au clair : le changement est un processus continu, tout change qu’on le veuille ou non.  La très grande majorité des citoyens du Québec aspirerait à du changement, sur le plan politique, il va sans dire.  Qui pourrait les en blâmer ?

Les quatre dernières années de régime libéral sont venues ajouter des couches successives de désabusement et de cynisme à l’endroit de la classe politique en général.  Le mal est fait et bien fait.  Pourtant, la politique est essentielle.  Elle conditionne notre vie de tous les jours, que l’on en soit conscient ou pas.  Il faudra bien se résoudre à voter pour choisir ceux et celles qui gouverneront le Québec pour les prochaines quatre années.

Mais, est-il nécessaire de le rappeler : un parti politique ce n’est pas une marque de savon.  Quand un parti est appelé à former un gouvernement, on ne peut pas en changer aisément quand il ne fait plus notre affaire ; on est pris avec.  Et l’effet des décisions, des politiques et des lois qu’aura mis en place ce gouvernement, ce fera sentir bien au-delà de son passage au pouvoir.

Un petit exemple ?  Combien de temps et d’efforts faudra-t-il à un nouveau gouvernement pour réparer le massacre du système de santé et de services sociaux qu’à perpétrer le tandem Barrette-Couillard ?  Bien malin qui pourrait répondre à cela.  Une chose est certaine, toutes celles et ceux, infirmières, préposées, travailleuses sociales, qui ont quitté le système de santé, désabusées, épuisées ou écœurées, ne risquent pas d’y revenir.  C’est ce que l’on pourrait appeler une situation perdant-perdant.  Elles, y auront perdu un gagne-pain, une carrière, une santé peut-être.  Nous, on y aura perdu des professionnelles engagées.  Probablement pour toujours.

Choisir un gouvernement ne doit pas se transformer en opération «kamikaze», où on coche la case en se disant : essayons ceux-là, ils ne pourront pas faire pire.  Et bien justement, ils pourraient faire pire.  Parlez-en aux citoyens américains par les temps qui courent.

Ce n’est pas tant le changement qui est important, que ceux que la population va choisir pour accompagner le changement en cours et les changements essentiels que nous devrons absolument faire comme société :  les changements nécessaires et urgents pour lutter contre les inégalités sociales, la crise climatique et la dégradation de notre environnement.  Avons-nous quatre autres années à perdre ?

Dans le roman «Le guépard», chef-d’œuvre de la littérature italienne, écrit par Guiseppe Tomasi di Lampedusa, un des protagonistes a cette réflexion extraordinaire :

«Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change.»

N’est-ce pas ce qui nous attendrait avec la CAQ ? Un changement qui ne serait rien d’autre que l’affreuse continuité du démantèlement de l’État québécois ?  Pour moi, il n’y a aucun doute , tous les indicateurs vont dans ce sens.  Comment penser autrement, quand les principaux porte-paroles de ce parti reconnaissent ne pas croire au bien commun, ou n’accorder aucune crédibilité aux études scientifiques ?  Et que dire lorsque le chef de la CAQ lui-même, parle de clients, lorsqu’il se réfère aux enfants qui fréquentent un service de garde.

Et vous pensiez que vous étiez des citoyens ?  Que diriez-vous, dorénavant d’être des clients ?

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Pourquoi la CAQ est populaire ?

Bien qu’il faille prendre avec un énorme grain de sel les intentions de vote exprimées à cette étape-ci de la pré-campagne électorale, il n’en est pas moins surprenant de constater que les appuis à la CAQ semblent se maintenir.

Il y a pourtant une explication simple : la CAQ est populaire parce qu’elle ne propose strictement RIEN.  Je devrais plutôt écrire : rien qui ne soit autre chose que le maintien d’un statu quo mollasson, une poursuite en douce de la privatisation des services publics amorcée sous les libéraux et quelques mesures cosmétiques ou carrément inutiles.

En anglais, ils ont une expression très imagée pour exprimer cette absence de volonté de transformer les choses : «Don’t rock the boat!».  Surtout, ne pas faire de vagues, ne pas indisposer.

Surtout, ne rien brusquer et éviter à tout prix de mettre sur la table les véritables enjeux de fond.  De toute façon, les caquistes n’auraient rien à en dire.  Il n’ont strictement rien à dire sur la question nationale, pourtant si cruciale pour le peuple québécois.  Sur ce sujet, ils s’en tiendront à réclamer des accommodements administratifs, des ajustements à la marge.  C’est là où en est rendu le projet de la nation québécoise pour le démissionnaire de la question nationale, François Legault.

Sur l’incontournable, l’implacable question des changements climatiques et de la dégradation environnementale, toujours rien à dire, surtout pas.  Car la question nécessite que nous ayons des débats intenses à son sujet.  Elle réclamera des politiciens un courage politique à toute épreuve.  Mais n’oublions pas : «Don’t rock the boat».

Sur l’indécente question des inégalités sociales qui s’accroissent en galopant, alors là, surtout, pas un mot.  Car nos proches amis, ceux-là mêmes qui siphonnent l’essentiel des gains en productivité réalisés par les travailleurs et qui en profitent pour en planquer un maximum dans les paradis fiscaux risquent d’être effarouchés.  Contentons-nous d’annoncer des baisses d’impôt supplémentaires qui vont fragiliser davantage les services publics et qui vont rassurer nos amis proches en les enrichissant davantage.  Dans ce cas ce serait davantage : «Don’t rock the 3 million dollars yacht».

Et ceci m’amène à une question troublante : est-ce possible qu’une population en vienne à voter à l’encontre de son intérêt en croyant voter pour ?

La Terre vue du cœur : éloge et appel à l’action

La Terre vue du cœur de la réalisatrice Iolande Cadrin-Rossignol est un documentaire poignant.  En ce sens, il porte bien son titre car son propos va droit au cœur.

Pour ceux qui suivent ou qui s’impliquent déjà dans les questions environnementales et la lutte aux changements climatiques, ceux-là ne recevront pas de nouvelles révélations coup-de-poing.  La force du film est moins dans ses enseignements que dans la manière avec laquelle il aborde ces questions si sensibles.  La Terre vue du cœur n’est ni alarmiste, ni moralisateur.  Il est trop facile, lorsqu’il est question de la cause de la sauvegarde de la planète, de se faire apôtre de l’apocalypse et de pointer du doigt, tantôt les uns, tantôt les autres.  Ce que nous avons besoin, ce n’est pas d’être paralysé par la peur ou la culpabilité, deux émotions rarement productives.

Au contraire, le film se veut avant tout un éloge à la suprême beauté de notre planète et un appel à l’action.  Tous les protagonistes du film abordent la question et les solutions avec intelligence certes, mais surtout avec sensibilité.  Les Québécois seront tout particulièrement heureux d’entendre, à travers les propos d’un philosophe français, Frédéric Lenoir et de scientifiques américains ou d’ailleurs, ceux d’Hubert Reeves, de Mario Cyr (plongeur sous-marin) et d’autres de nos compatriotes, qui chacun à leur façon portent le message d’espoir du film.

Ce document arrive à point nommé, à l’aube que nous sommes d’une campagne électorale qui s’annonce déterminante à plus d’un égard.  Avec sa sagesse habituelle, Hubert Reeves nous rappellera que nous sommes entrés de plein pied dans ce qui est la sixième extinction de masse des espèces.  Celle-là a de particulier qu’elle est essentiellement œuvre de l’espèce humaine et qu’elle se déroule à une vitesse telle que la nature, qui par définition a besoin de temps pour s’adapter, est littéralement incapable de le faire efficacement.

Face à ce colossal défi, nous avons devant nous une toute petite fenêtre de temps pour agir.  Reeves l’évalue de trente à cinquante ans, un battement de cils à l’échelle du temps de la terre.  Nul ne sait, dira t-il, dans quel état sera la terre à cette échéance.  Seules les actions que nous entreprendrons à compter de maintenant peuvent faire une différence.

La Terre vue du cœur est une contribution essentielle à l’éveil des consciences.  Nous sommes amenés à comprendre toute l’importance d’éduquer la population sur ces enjeux critiques.  Mais, il est aussi clair que nous ne pourrons faire l’économie de politiques et de lois qui vont jouer un rôle tout aussi essentiel dans la modification de nos comportements.  Et c’est là, que les hommes et femmes politiques devront jouer le rôle qui est le leur, avec un courage qui a trop souvent fait défaut dans le passé récent.  A cet égard, les citoyens devraient prendre le temps de s’intéresser aux programmes des partis politiques avant de mettre leur croix sur le bulletin de vote, le 1ier octobre prochain.

Une des protagoniste du film résumera la feuille de route à suivre de la manière suivante : il nous faut d’abord porter attention à ce qui se passe autour de nous, il faut ensuite développer l’intention d’agir et enfin, il nous faut passer à l’action.

Rien, ni personne ne pourra nous en empêcher si nous nous y mettons ensemble.

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Vivre ensemble : la solution québécoise

C’est ce qui nous a toujours caractérisé : cette capacité d’aborder les problèmes sans a priori, avec lucidité, mais aussi avec un sens aigu de la justice.  Comme peuple, nous sommes le produit d’un extraordinaire métissage : nous sommes Europe, nous sommes Amérique, à la fois républicains dans l’esprit et profondément épris de liberté.

Face à l’épineuse question de la langue, nous avons avec la Charte de la langue française, forgé une solution, résolue, mais aussi respectueuse de la minorité historique anglophone.  A l’époque, le Canada anglais aura traité René Lévesque et Camille Laurin des épithètes les plus négatifs.  Pourtant, l’objectif de rendre justice aux francophones du Québec et de pacifier un des sujets les plus explosifs qui ait été, a été atteint dans une très large mesure.

En matière de laïcité, il en sera de même: la solution sera québécoise ou elle ne sera pas.  Cette solution, elle est là, à porter de main, il s’agit de confirmer la plus parfaite neutralité pour les agents de l’État en position d’autorité, et de l’étendre aux nouvelles embauches d’enseignants au primaire et secondaire et de travailleurs en garderie.  Il s’agit aussi de baliser le recours aux accommodements raisonnables  pour contrer les dérives de ceux qui voudraient faire passer des choix culturels et politiques pour des questions religieuses.  Pour une majorité de Québécois, il n’est pas question de laisser la religion, sous quelque forme que ce soit, retrouver l’immense pouvoir qu’elle a déjà eu sur la vie publique.  A ce chapitre, nous avons déjà donné.

Le problème de la laïcité, ce n’est pas la quadrature du cercle, il y a une voie de sortie.  Tout ce qui manque c’est le courage politique de la mettre en œuvre.

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Élever les consciences, s’organiser, se mobiliser

A un peu moins de six mois de l’élection générale, la scène politique québécoise apparait pourtant, ces jours-ci, en pleine ébullition.

L’arrivée fracassante de l’ancien chroniqueur de La Presse, Vincent Marissal, sera dorénavant à ranger, au rayon des entrées en politique les plus ratées de l’histoire récente. Aujourd’hui, nous apprenions, que le Québec aura vraisemblablement sa toute première candidate voilée de l’histoire. Et ce,  au moment même, où le débat reprend de plus belle, sur le port possible de parures religieuses dans la police de Montréal. Débat que la mairesse de Montréal et le Premier ministre du Québec, ont eu tôt fait de déléguer aux patrons du corps policier.  Courage politique, où étais-tu caché ?

Quelques jours seulement après le dépôt du budget Couillard-Leitao,  le feux d’artifices de “cadeaux ciblés” offerts par les libéraux, apparait déjà éteint.  Cela n’empêche pas cependant, le Premier ministre Couillard de multiplier, jour après jour, les annonces sur tous les fronts possibles.  Sur un mode qui s’apparente de plus en plus à “la panique à bord”, il fait tout pour éviter que les intentions de votes exprimées pour la CAQ, ne se cristallisent.

Pendant ce temps, on cherche François Legault.  Connaissant sa propension à se mettre les pieds dans les plats, ses propres collaborateurs le tiennent à l’abri.  Ils se limitent à nous le servir sur les réseaux sociaux, en capsules vidéos destinées à nous le rendre plus sympathique.  Pourvu, pensent-ils, que le fragile échafaudage de déclarations floues et de promesses de changement qui ressemblent à des retours en arrière, tienne le coup, au moins, jusqu’au 2 octobre prochain.

Alors que l’on s’entend pour déclarer le cynisme comme le plus coriace adversaire de l’action politique d’aujourd’hui, il semble que certains politiciens ne peuvent s’empêcher de l’alimenter de la pire façon qui soit.

En tant que candidat en devenir, je suis préoccupé par ce qui s’annonce pour être une pénible cacophonie.  Alors, comment faire pour se tenir à distance du cirque et faire de la politique pour le réel bénéfice des citoyens ?

Je suggère, qu’il nous faut d’abord commencer par reconnaître, que les changements véritables ne peuvent qu’émerger du bas, vers le haut et non, le contraire.  Il y a un terme pour exprimer ce mouvement des idées fortes, en provenance de la population, vers ceux qui aspirent à gouverner : c’est démocratie. 

Pour que la démocratie fonctionne, il faut travailler à élever les consciences, par la discussion, par le débat.  Il faut s’organiser en vue de l’action politique, car sans organisation qui vaille, les meilleures idées ne demeurent que ça : des idées.  Et finalement, il faut se mobiliser et surtout, persévérer pour faire entendre sa voix.  Cette manière de faire est, bien sûr, plus exigeante que de distribuer des bonbons électoraux, lesquels s’effaceront progressivement au lendemain de l’élection. Elle demande aussi plus d’humilité et d’écoute, que de promettre du pseudo-changement qui se traduira, en bout de ligne, par un pénible retour en arrière ou pire encore, par une illusoire fuite en avant, vers plus catastrophique encore.

La vraie démocratie est certes plus difficile à soutenir, mais c’est la seule façon de faire ce qui est juste pour tous.

 

 

Santé mentale, l’enfant pauvre du réseau

À la Une

Encore une fois cette année, l’initiative #Bellcause nous rappelle l’importance de parler sans détour de la réalité des troubles mentaux qui affectent plusieurs de nos concitoyens. Nous savons qu’un Québécois sur cinq sera touché de près ou de loin par la maladie mentale.  Il appert que 10 à 15 % des gens souffriront d’une forme ou l’autre de dépression au cours de leur vie.

Impacts des troubles mentaux   

Les impact des troubles mentaux sur les personnes, leur famille et la société en général ne sont plus à démontrer.  La dépression est identifiée comme l’un des principaux facteurs lié à la maltraitance des enfants, maltraitance qui ne cesse d’augmenter si l’on se fie à la progression des signalements un peu partout au Québec.  Et, c’est sans compter sur l’influence du stress et des troubles mentaux sur le développement de maladies telles que les maladies infectieuses, cardiovasculaires et le cancer colorectal, pour ne nommer que ceux-là.

On parle moins souvent des impacts des troubles mentaux sur le travail.  Pourtant, les pertes liées à la maladie mentale sont colossales.  Les chiffres parlent de 16 milliards de dollars pour l’économie canadienne, auxquels il faut ajouter 14 milliards si on considère les coûts indirects.

Les troubles du jeu vidéo

L’impact des nouvelles technologies n’est pas en reste.  L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnait maintenant la triste réalité des troubles du jeu vidéo.  On parle ici des «comportements liés à la problématique des jeux vidéo et des jeux numériques qui se caractérisent par une perte de contrôle sur le jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes».  J’invite d’ailleurs tous ceux qui sont préoccupés par la santé mentale des jeunes, de voir ou de revoir le percutant documentaire Bye! d’Alexandre Taillefer, lequel aborde sans complaisance la problématique de la cyberdépendance et son potentiel destructeur.

Faire plus

Il est clair que nous devons et pouvons faire plus.  Par exemple, en redoublant d’effort pour éduquer le public.  Nous savons que seulement 30% des personnes atteintes de dépression vont chercher de l’aide, souvent par peur d’être stigmatiser ou tout simplement parce qu’ils ne savent pas reconnaître les symptômes.  Pourtant la maladie peut être traitée efficacement et le dépistage et le traitement précoces sont susceptibles d’empêcher la maladie de devenir chronique.

Il faut mieux soutenir les personnes atteintes et leur famille dans le développement de leur autonomie, en leur permettant de s’organiser, de s’entraider et de mieux défendre leurs droits.  Ils sont de loin les mieux placer pour identifier leurs besoins et les meilleures façons d’y répondre.

Aussi, plus que jamais, les services doivent se déployer sur une base communautaire, à proximité des personnes, notamment en offrant un meilleur accès aux professionnels de la santé mentale.

Finalement, le gouvernement devrait consentir davantage de ressources à la prévention et aux traitements des troubles mentaux.  C’est toute la société qui s’en sortira gagnante.

Vous souhaiteriez partager vos expériences ou vos pistes de solutions sur cet important sujet ?  N’hésitez pas à m’écrire!

 

 

 

Armand Vaillancourt : de fureur et d’acier

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On ne sort pas indemne d’une rencontre avec le sculpteur Armand Vaillancourt.

À 88 ans, l’homme est doté d’une vitalité à fendre la pierre.  De part et d’autre de son corps mince, presque juvénile, deux bras noueux comme les branches d’un chêne.  Sa poignée de main transmet sa force physique, autant que la détermination de son caractère.

Armand Vaillancourt est la quintessence même de «l’artiste engagé».  Quoique, tout bien considéré, même ce vocable apparaît aujourd’hui réducteur. Quand on considère son parcours, on constate aisément  qu’il est beaucoup plus que cela.  Son art, ses sculptures souvent sur-dimensionnées, ne sont qu’une manière parmi d’autre d’exprimer son inextinguible soif de liberté et sa lutte continue contre l’oppression des puissants de ce monde.

Cet homme qui a combattu toute sa vie pour sa liberté et celle des autres, aura été de toutes les batailles où les chances apparaissaient inégales : chez les noirs du sud, en République dominicaine sous la poigne de Trujillo ou plus récemment, dans les rues de Montréal, lors du printemps érable.

Toute sa vie, confiera t-il, aura été consacrée à la libération de ce Québec qu’il aime tant.  À celui qui voulait l’attirer à Paris pour poursuivre son œuvre, il répondra : «Paris n’a pas besoin de moi.  Ma place est ici au Québec».  Pour lui, l’indépendance du Québec est une nécessité : «Je ne suis pas indépendantiste parce que je veux l’être, je suis indépendantiste parce que je dois l’être.  L’indépendance, c’est un devoir, une responsabilité.»

Dans le cœur de Vaillancourt brûle le feu d’une forge, intense et rageur.  Car l’homme ne s’est jamais départi de cette colère qui l’a amené, si souvent, à prendre tous les risques et à ne refuser aucun combat.  Ses seuls bons mots, empreints de tendresse ou d’admiration, il les réserve pour ses enfants ou pour les femmes, notamment Simone Monet-Chartrand et Madeleine Parent, «des amies, des femmes extraordinaires», dira t-il.  Car, on devine que les hommes l’ont souvent déçu, qu’ils n’auront pas été à la hauteur du dessein que lui-même entrevoyait, pour son pays et pour l’humanité.

Avec son art qu’il a imposé, souvent dans la rue et à l’encontre des pouvoirs publics, il aura été, à sa façon et avec son vocabulaire truculent, un éveilleur de conscience : contre l’hypocrisie des élites et les «salauds» de toutes les espèces.

Questionné sur le choix de la sculpture comme médium, il répondra : «Je suis un homme de matière, j’aime la matière.»  On ne saura jamais probablement, lequel des deux à façonner l’autre, à coup de marteau ou de pic : l’homme ou la matière, qu’elle soit acier, pierre ou béton ?  Mais ce que l’on sait, c’est que l’un et l’autre ont la même dureté dans l’être, le même tranchant dans l’opinion, toujours sans appel, et la même insistance à résister, envers et contre tous, aux intempéries du monde.

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Larmes de contrition massive

Les larmes de Justin Trudeau ont beaucoup fait jaser au cours des derniers jours.  Nous nous sommes habitués à voir des athlètes de haut niveau, retenir leurs larmes au moment d’annoncer leur retraite, après une carrière glorieuse.  Il en est de même, des politiciens qui répriment un sanglot, alors qu’ils tirent leur révérence de la scène publique, pour mieux se rapprocher de ceux qu’ils aiment.  Il n’y a rien de répréhensible dans cela.

Mais, il semble bien que Justin Trudeau ait amené «l’expression des émotions en public», à un niveau encore jamais atteint.  Le malaise vient du fait que, loin de chercher à les réprimer, les larmes de Justin semblent être commandées à demeure.  Nous savons aujourd’hui que le premier ministre est passé maître dans l’art de se mettre en scène et qu’il ne rate jamais une bonne occasion de le faire.  Le problème est que, au lieu d’attirer l’attention sur les malheureuses victimes des abus dénoncés, le projecteur se porte sur le messager, s’épanchant à répétition.  On en vient presque à oublier les causes qu’il est censé mettre en évidence.

Notre premier ministre est certes un personnage divertissant.  Ses larmes sont devenues des armes de contrition massive à son service.  Mais, c’est là que le bât blesse.  Qui dit divertissant, dit aussi, distraire ou diversion.  Les Canadiens et les Québécois sont de plus en plus nombreux à réaliser que derrière l’image de carton-pâte du premier ministre,  les pétrolières et les minières continuent d’engranger les profits, sans être trop inquiétées par l’oppressante question des changements climatiques.  Il en est de même des banquiers de Bay street et des Stephen Bronfman de ce monde, grands amateurs d’îles du sud, spécialisées dans l’évitement fiscal.

Il faut se rendre à l’évidence, Justin Trudeau est un grand «manipule-acteur».

A tout hasard, j’en profite pour rappeler le poignant et sombre poème de Gérald Godin «Libertés surveillées».  Je doute, évidemment, que Justin Trudeau verse un jour quelques larmes, en évoquant ces tristes événements, où plus de 400 québécois, artistes, syndicalistes et autres, ont été emprisonnés pour le seul motif de s’être, un jour, tenu debout. Car, nous connaissons tous la part jouée par Papa Trudeau dans l’imposition de la loi sur les mesures de guerre de 1970, n’est-ce pas ?

Libertés surveillées

«Quand les bulldozers d’Octobre entraient dans les maisons

à cinq heures du matin

Quand les défenseurs des droits de l’homme étaient assis sur les genoux de la police

à cinq heures du matin

Quand les colombes portaient fusil en bandoulière

à cinq heures du matin

Quand on demande à la liberté de montrer ses papiers

à cinq heures du matin

Il y avait ceux qui pleuraient en silence

dans un coin de leur cellule

Il y avait ceux qui se ruaient sur les barreaux

et que les gardiens traitaient de drogués

Il y avait ceux qui hurlaient de peur la nuit

Il y avait ceux qui jeûnaient depuis le début

Quand on fait trébucher la justice

dans les maisons pas chauffées

à cinq heures du matin

Quand la raison d’état se met en marche

à cinq heures du matin

Il y en a qui sont devenus cicatrices

à cinq heures du matin

devenus frisson

à cinq heures du matin

Il y a ceux qui ont oublié

Il y a ceux qui serrent encore les dents

Il y a ceux qui s’en sacrent

Il y a ceux qui veulent tuer»